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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 02:07

durevepourlesoufs

Ahlème a 24 ans. Elle vit à Ivry en banlieue sud avec « Le patron » (son père) et Foued, son petit frère de 13 ans. « Le patron », personnage loufoque, a perdu la boule il y a trois ans lors d'un accident de chantier où sa tête a heurté une solive.

N'ayant plus toute sa tête, dépassé par les événements, c'est un « patron » dont l'autorité repose avant tout sur Ahlème qui a fort à faire avec Foued, un vrai petit chétane (voyou). La seule chose qui le retient de ne pas collectionner les conneries (plus ou moins drôles et plus ou moins graves), c'est la surveillance de sa soeur. Le problème est qu'elle aussi a fort à faire, entre ses missions intérim (les comptages de clous chez Leroy Merlin), les files d'attente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour (tous les trois mois) et ses histoires d'amour foireuses (pourquoi ses copines s'entêtent-elles à lui présenter des ploucs ?).

Malgré sa vigilance, elle ne peut donc empêcher longtemps son petit frère de glisser sur la mauvaise pente et va donc se défouler de plus en plus souvent chez « tantie Mariatou », professionnelle du dicton et mère par procuration. La sienne, la vraie, a été assassinée en Algérie en 1992. Depuis, la vie de Ahlème c'est donc la France, le souvenir d'un bonheur perdu et surtout l'espoir d'un bonheur à venir.

Elle est encore jeune et parfois naïve mais, souvent, elle a l'impression d'avoir vécu mille vies. Sans doute un effet des délires du « Patron » et du déluge de galères? Ainsi, elle apprend un matin que, suite à ses démêlés judiciaires, Foued est menacé d'expulsion.

Certains auraient baissé les bras et arrêté de rire. Mais pas elle. Car, comme dit Tantie Mariatou : « On a beau couper la queue du lézard, elle repousse toujours. »

 

Extrait:

"Je m'appelle Ahlème et je marche au milieu des gens, ceux qui courent, se cognent, sont en retard, se disputent, téléphonent, ne sourient pas, et je vois mes frères qui, comme moi, ont très froid. Ceux-là, je les reconnais toujours, ils ont quelque chose dans les yeux qui n'est pas pareil, ont dirait qu'ils aimeraient être invisibles, être ailleurs. Mais ils sont ici"

 

Mon avis:

Un roman fort sympathique. Ce n'est ni une histoire d'amour, ni un thriller, c'est un roman "social" comme le dit Faïza Guène. J'ai beaucoup aimé cette histoire de vies, bien qu'elle soit un peu courte. J'aime cette nouvelle génération d'écrivains, l'écriture de cette auteure est très fluide, elle utilise un language très familier comprenant pas mal d'argots, ça aurait pu me déranger, mais cela fait tellement partie du caractère des personnages qui paraissent si vivants, qu'au final, ce n'est pas plus mal, cela a peut-être même apporté plus de sincérité à l'histoire. J'ai également fort apprécié les citations de Tantie Mariatou... Certains passages sont très touchants, notamment le retour en Algérie de la famille d'Ahlème, je pense que n'importe quelle personne qui a eu un jour l'occasion de retourner sur la terre de ses origines peut se reconnaître dans ce passage du livre. Malgré tous les problèmes de cette famille, le roman finit sur une touche positive, et ça fait du bien.

Note:

7/10

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